BAUDELAIRE

Baudelaire

Par ton air

Aigri

Baudelaire

Toi le dandy

Tu m’as fasciné par ton nom

Attiré dans la spirale de ton spleen

O toi le slameur romantique

J’suis prêt à chuter dans tes vers idylliques

Tes sombres images mélancoliques

Sont tellement belles et pathétiques

Moi encore à soixante ans adolescent

Pas tout à fait en accord avec les temps

Entre l’enfance et le monde adulte

Je cherche mon identité

Dans tes sonorités

Une quelconque possible vérité

Comment donc m’affirmer

Dans ton miroir brisé

Au fond d’ce pub irlandais

En moins de trois minutes

Plus de mots j’en serais exclu

Par ce jury devant mes yeux

Qui m’observe et m’épie

T’inquiète poète t’es pas né à l’université

Juste parmi les fleurs du malt

Tout ton cœur tu peux dans un vers le déverser

Dire quelle connaissance il a de toi

O Baudelaire mon ami sinon qu’t’es français

Première faute commise dans un pub irlandais

Le malin n’existe

Que par l’existence du bien

Tu le sais

Et moi aussi

La fleur

Que par le ciel et l’abîme

Que par le soleil et la pluie

Que par ses racines et sa tige

Et le désir

Que par la chair et l’esprit

De leur contentement à leur perfection

L’amour n’est qu’histoire bancale

Et la mort n’existe que par la vie

O toi l’âme nourrie de tant de verres obscurs

Je marche sur tes terres d’un pas pas sûr

Tes sentiers à travers les landes

Ressemblent à des nuages de bière

O mon Charles Baudelaire

J’crois bien qu’j’m’égare dans tes poèmes

Si t’étais né seulement en Angleterre

Le rock t’aurait élevé à son apogée

Les fans à Londres t’auraient ovationné

Mais t’es natif que de Paris

Un peu de Nantes et de partout

Là où y a de la pluie et des cris

Partout où l’on éprouve le besoin d’écrire

Sur des bouts de pages blanches

D’un ouvrage ayant par les saisons jauni

O mon bel ange par ton air sali

L’encre se répand dans tout ton océan

Toi l’albatros qui vit d’espoir

Quand prendras-tu ton envol

Quand un lapin à plumes agile le réveillera

D’un rêve tout noir

D’un désespoir ivre

O mon Baudelaire

Par ton air tout gris

O mon Baudelaire

Toi qu’on dit maudit

Comment écrire rien qu’un instant à ta manière

En m’plongeant seulement le temps d’ici en ta matière

O mon glorieux Baudelaire

Tu m’as fasciné par ton nom

Attiré dans la spirale de ton idéal

De mes deux mains à tâtons

J’cherche à composer en vain

Des couplets d’alexandrins

Pour paraître un peu plus bon

Être dans le flow d’un refrain

Penses-tu jury que j’aurai seulement vingt sur vingt

Laisse-moi au-moins trinquer aux vers d’ces noces que j’admire

Accompagner ce nouveau slameur Baudelaire

Juste pour sourire

On dit d’lui qu’il est semblable à l’Albatros

Aux ailes trop grandes pour marcher sur la terre

N’ayant d’autre choix que des brumes s’élever Vers le ciel par-dessus les toits effondrés

Il est l’oiseau d’la mer qui a connu ses fonds

L’enfant des guerres qui par ses mots d’un rebond

A écrit sur chaque nuage blanc ses rêves

Suppliant de l’enfer chaque éclair d’une trêve

Etre qu’on dit maudit torturé par la vie

Exaltant les vices contre l’ordre établi

Il n’en fit pas moins de la beauté ses louanges

Devinant enfant entre chaque fleur chaque arbre

Du silence la correspondance des anges

Décryptant dans l’univers son flot de palabres

Oeil du songeur voyant en la femme un serpent

Aussi charmant qu’envoutant sur son cœur dansant

O Baudelaire

Par ton air ravi

O mon Baudelaire

Parce qu’il faut bien en finir

Tu pourrais bien être notre père

Par la poésie

Tu nous

As

Guéri

Thierry Rousse
Nantes, mardi 5 novembre 2024
"Une vie parmi des milliards"

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